
Simona Boni – Autrice, interprète et metteuse en scène
Née en Émilie-Romagne, au cœur de l’Italie, Simona Boni grandit dans une région à double nom, un territoire de passage et de contrastes qui façonne sa sensibilité : un trait d’union entre le nord et le sud, entre la rigueur et la passion. Cette multiplicité innerve son univers artistique – un théâtre du sensible où le corps, la voix et la mémoire s’entrelacent.
Formée d’abord à la danse classique et contemporaine à la Scuola di Balletto Cosi-Stefanescu et à l’école Pas de Chat de Constanze Janssen (Reggio Emilia, Italie), elle poursuit un parcours universitaire en sciences de l’éducation à l’Université de Modena et Reggio Emilia (Bac +4), complété par un master spécialisé dans l’enseignement auprès des personnes autistes ou présentant des troubles du comportement et du développement.
Parallèlement, elle se forme au théâtre-danse auprès d’Elena Cerruto et de Maria Fux à l’école Sarabanda Milano (2007–2012), puis au théâtre physique et expérimental au Peso Specifico Teatro (Modena) et à la Scuola Sperimentale dell’Attore (Pordenone).
Sa curiosité l’amène ensuite à voyager jusqu’en Inde pour étudier le Bharatanatyam, théâtre-danse classique, à l’école Ambalam de Chennai (2014).
Installée en France à partir de 2015, elle enrichit son travail autour du chant et de la composition vocale avec Michelle Zini à la Music’Halle de Toulouse, et approfondit la danse flamenca auprès de Stephanie Fuster à La Fabrica Flamenca. En 2023–2024, elle poursuit sa recherche corporelle auprès d’Yves Marc au Théâtre du Mouvement à Lectoure, autour du mime et du geste théâtral.
Ce parcours dense et multiple fait de Simona Boni une artiste complète, au croisement de la danse, du théâtre, du chant et de la pédagogie.
Depuis vingt ans, Simona Boni multiplie les expériences en tant que danseuse, comédienne, chanteuse, chorégraphe et enseignante spécialisée, entre l’Italie et la France.
De 2004 à 2013, elle enseigne la danse et l’expression corporelle à Reggio Emilia, tout en travaillant dans l’Éducation nationale italienne auprès d’enfants et d’adolescents en situation de handicap.
En parallèle, elle intervient comme artiste-enseignante dans des écoles, hôpitaux, maisons d’accueil spécialisées, EHPAD, universités et entreprises, menant des ateliers autour du chant, du corps et de la créativité partagée.
Sur scène, elle collabore avec de nombreuses compagnies italiennes et françaises :
- Cie Stella del Nord (danse, Reggio Emilia, 2003–2008)
- Cie La nuova Complesso Camerata (théâtre, Reggio Emilia, 2004–2008)
- Cie Peso Specifico Teatro (Modena, 2013–2015)
- Cie Trio Tsatsali (Toulouse, 2015–2020, théâtre musical)
- Cie Gruppo Incanto (Toulouse, 2016–2024, production Radici)
- Cie Monts Rieurs (Toulon, 2017–2024)
- Cie du I (Avignon, 2018–2024)
- Cie Rouge Cheyenne (Poitiers, 2018–2024)
- Elle collabore également avec la Cie Via Cane (Bretagne, 2024–2025) pour la création du spectacle Odyssée.
La Compagnie Grasparossa : un espace de recherche et de création
En 2020, elle fonde à Toulouse la Compagnie Grasparossa, dont elle assure la direction artistique. Le nom, inspiré d’un cépage de Lambrusco, évoque un vin rouge, simple et vif, qui pousse dans des terres arides : une métaphore de son travail artistique, ancré dans la résilience, la poésie du réel et la transformation du vécu en matière créatrice.
Avec Grasparossa, elle signe plusieurs créations :
- Na’Ni et puis un jour tu vis (2021), seul en scène poétique et initiatique ;
- L’infini des possibles (2022), conférence théâtralisée autour de l’égalité femmes-hommes ;
- Les deux petites filles (2023), voyage poétique jeune public ;
- Cher Corps (2023–2025), création participative soutenue par la DRAC Occitanie – Culture, Handicap et Dépendance, menée avec les résidents de l’ADAPEI de l’Ariège ;
- La Cigale et la Fourmi (2025–2026), nouvelle création inclusive avec les mêmes résidents ;
- Obstinées (Lucia – Éloge aux femmes obstinées, 2026), création pluridisciplinaire mêlant théâtre, arts plastiques et vidéo, en collaboration avec le Musée Mamma Lucia de Cava de’ Tirreni (Italie), le Goethe-Institut et des partenaires culturels en Occitanie.
La compagnie développe également un important volet de médiation et d’éducation artistique, en collaboration avec l’Université Paul Sabatier (Toulouse), des établissements scolaires, des structures médico-sociales et culturelles.
Un théâtre du sensible et de la résistance
Le travail de Simona Boni se caractérise par une recherche autour du langage du corps comme mémoire du monde. Son théâtre, traversé par la danse, la musique et l’image, interroge la capacité du geste artistique à réparer, à relier et à révéler.
Ses thèmes de prédilection – le féminin, la mémoire, l’exil, la résilience, la liberté – se déploient dans une esthétique organique, où la voix, la matière et la lumière dialoguent dans une écriture scénique poétique et incarnée.
À travers ses créations, Simona Boni cherche à faire émerger une poétique de la résistance, où la fragilité devient force et la trace devient lumière.







